Genève : COP8 pour renforcer la lutte contre le tabagisme

Ceci est un communiqué de la Convention cadre de l’OMS pour la lutte antitabac à l’occasion de la 8ème conférence des parties à laquelle le Burkina participe. Salif Nikièma coordonnateur de ACONTA participe également aux travaux.

La Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac déclare ouverte la huitième session de la Conférence des Parties visant à évaluer les progrès réalisés et à renforcer la lutte mondiale contre le tabagisme.

La Conférence des Parties à la Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (la Convention-cadre de l’OMS) ouvre aujourd’hui sa huitième session (COP8) afin de définir une feuille de route visant à renforcer et élargir la portée de ce traité historique pour la santé mondiale.

Les discussions de la COP8 qui se tient du 1er au 6 octobre réuniront des délégations de 137 pays, ainsi que des représentants des organismes des Nations Unies, d’autres organisations intergouvernementales et de la société civile. Les participants à la Conférence passeront en revue les progrès réalisés dans la réduction du tabagisme et les stratégies permettant de lutter contre l’émergence de nouveaux produits du tabac et contre l’ingérence de l’industrie du tabac dans les efforts de lutte antitabac.

Le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS, qui ouvrira la Conférence, a salué le traité de lutte antitabac comme l’une des plus grandes avancées en matière de santé publique au cours des 20 dernières années.

« Depuis son entrée en vigueur il y a 13 ans, la Convention-cadre de l’OMS reste l’un des outils mondiaux les plus puissants de défense de la santé publique », a-t-il déclaré. « Grâce à la mise en œuvre de ce traité, nous réalisons de grands progrès, et nous sauvons des vies. »

Ce traité a conduit les pays à adopter des lois antitabac complètes, prévoyant des augmentations des taxes sur le tabac, l’instauration de lieux non-fumeurs et l’obligation d’apposer des mises en garde sanitaires illustrées de grandes tailles et d’utiliser des conditionnements neutres pour les produits du tabac.

Un nouveau Rapport de situation mondial sur la mise en œuvre de la Convention-cadre de l’OMS qui sera présenté aujourd’hui à 13 h 15 CET lors de la conférence de presse sur la Convention-cadre de l’OMS, décrit les résultats des rapports soumis par les Parties au traité lors du cycle de notification 2018. Il met en lumière, d’une part, les avancées mondiales dans la lutte antitabac résultant des stratégies nationales et de la mise en œuvre de mesures visant à faire reculer le tabagisme et, d’autre part, les difficultés persistantes posées par l’inadéquation des politiques et par l’industrie du tabac.

« De nombreux gouvernements ont fait avancer les mesures de lutte antitabac et ont clairement progressé dans la mise en œuvre de la Convention », déclare le Dr Vera Luiza da Costa e Silva, Chef du Secrétariat de la Convention-cadre de l’OMS. « Mais l’heure n’est pas à la complaisance. L’industrie du tabac ne ménage pas ses efforts enragés en mobilisant des budgets astronomiques pour saper l’application de notre traité. »

L’un des points majeurs à l’ordre du jour des débats de la COP8 sera le projet de Cadre stratégique à moyen terme destiné à définir les priorités afin d’appliquer le programme antitabac mondial à plus grande échelle et d’accélérer la mise en œuvre du traité au cours des cinq prochaines années.

Il inclura notamment un appel à élargir les efforts de lutte antitabac au nouvel enjeu que représentent les impacts négatifs de la production du tabac sur l’environnement et le développement.

« Nous espérons que cette Conférence marquera le point de départ d’une application plus large de la Convention-cadre de l’OMS en tant que traité international allant au-delà de la lutte antitabac pour soutenir des stratégies visant également à promouvoir le développement durable et à protéger les ressources environnementales », ajoute le Dr da Costa e Silva.

Michael Møller, Directeur général de l’Office des Nations Unies à Genève, a souligné le besoin crucial de lier la lutte antitabac aux stratégies de développement durable. Cela suppose de cibler les 80 % des 1,1 milliard de fumeurs dans le monde qui vivent dans les pays à revenu faible et intermédiaire.

« Le tabagisme est un problème de développement car il touche les plus vulnérables et met à rude épreuve des systèmes de santé déjà sous pression, alimentant un cercle vicieux de pauvreté et d’inégalité », constate M. Møller. « Pour réaliser les objectifs du Programme 2030 et alléger la charge des maladies non transmissibles, il est nécessaire d’agir rapidement, à grande échelle et à tous les niveaux. »

La COP8 inclura, pour la première fois, un segment de haut niveau aujourd’hui, de 15 h °00 à 16 h 00 CET qui sera l’occasion pour d’éminents représentants du Ghana, de l’Inde, des Pays-Bas, de l’OMS et de la Convention-cadre sur les changements climatiques (UNFCCC) de discuter de l’impact du tabagisme et de la production du tabac sur l’environnement.

Les résultats des recherches sur les ramifications environnementales de la chaîne logistique mondiale du tabac sont réunis dans un nouveau rapport intitulé Cigarette Smoking: An assessment of tobacco’s global environmental footprint, [Tabagisme : évaluation de l’empreinte écologique mondiale du tabac], tqui sera présenté à l’occasion de la huitième session de la Conférence des Parties lors d’une conférence de presse qui se tiendra le 2 octobre à 13 h 30 CET. Le rapport a été rédigé conjointement par le Secrétariat de la Convention et des chercheurs de l’Imperial College de Londres.

Dans son discours liminaire prononcé en ouverture de la COP8 aujourd’hui, le Dr da Costa e Silva pointe les problèmes continus posés par les fabricants de tabac qui n’hésitent pas à promouvoir de façon agressive de nouveaux produits du tabac et à exploiter la moindre faille dans les législations existantes pour contourner les réglementations antitabac.

« Nous devons poursuivre nos efforts visant à réunir ressources et volonté politique, afin de protéger le traité de l’industrie du tabac, qui reste la première menace pour la santé publique », avertit le Dr da Costa et Silva.

Premier traité international juridiquement contraignant visant à promouvoir la santé publique, la Convention-cadre pour la lutte antitabac a été négociée sous les auspices de l’OMS en 2003 et constitue depuis lors un instrument juridique essentiel pour encourager la coopération internationale en matière de santé.

Depuis son entrée en vigueur en 2005, la Convention est un outil puissant des efforts mondiaux de lutte antitabac, qui s’est traduit par l’adoption de stratégies et de législations nationales ayant conduit à réduire les ventes de produits du tabac aux mineurs et à instaurer des interdictions globales de toute publicité en faveur du tabac, de toute promotion et de tout parrainage du tabac.

L’entrée en vigueur le 25 septembre dernier du Protocole pour éliminer le commerce illicite des produits du tabac marque un nouveau jalon essentiel dans les efforts mondiaux de lutte antitabac. À ce jour, 46 Parties ont ratifié le Protocole et deux tiers des Parties ont adopté ou renforcé une législation nationale visant à lutter contre le commerce illicite.

La première session de la Réunion des Parties au Protocole (MOP1) se tiendra du 8 au 10 octobre, après la clôture de la COP8.

Pour de plus amples informations et toute demande des médias, veuillez contacter :

 Pascal Gysel, Responsable de la communication et des relations avec les médias, Convention-cadre de l’OMS mediafctc@who.int 
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